Les tests d’ovulation

Même si les femmes sont à l’écoute de leur corps, elles ont parfois du mal à bien identifier leur période de fécondité. L’utilisation de tests d’ovulation peut les aider à augmenter leurs chances de devenir enceinte. Petit tour d’horizon des conseils à dispenser en la matière… et de l’offre officinale.

Quelques définitions

Près de 98 % des femmes ne savent pas clairement combien de jours par mois il est possible de devenir enceinte, et plus de la moitié ne sont pas sûres des jours de fécondité de leur cycle.

La période de fécondité est le laps de temps pendant lequel le spermatozoïde peut survivre dans l’appareil génital féminin avant que l’ovulation et la fécondation ne surviennent.

L’ovulation est le terme utilisé pour définir la libération d’un ovule (habituellement un mois parfois plus) par l’ovaire.

Parce que les cycles menstruels varient d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre chez la même femme, il n’est pas toujours facile de déterminer la période de fertilité. Elle est en principe de plusieurs jours (habituellement pas plus de 5 ou6).

Un peu de physiopathologie

Le cycle féminin commence le premier jour des règles et se termine le premier jour des règles suivantes. La durée d’un cycle varie d’une femme à l’autre mais généralement un cycle dure de 23 à 35 jours. Présente en petite quantité au début du cycle, la LH (hormone lutéinisante) augmente progressivement dans le sang à partir de la fin des menstrues pour atteindre le pic qui précède de 24 à 48 heures la ponte ovulaire. La période pendant laquelle la femme est la plus fertile s’étend de quatre jours avant à deux jours après l’ovulation en raison de la durée de vie des spermatozoïdes. L’ovulation ne se produit pas systématiquement au milieu du cycle : le jour de l’ovulation dépend de la longueur du cycle.

La conception survient quand un spermatozoïde féconde l’ovule. Alors que les spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans les voies génitales féminines, l’ovule ne survit que 24 heures après l’ovulation. Ceci induit donc des limites à la probabilité de fécondation. On estime à 20 % les couples qui ont des difficultés de conception en raison d’un mauvais timing des rapports sexuels.

Les mots du conseil

Beaucoup de couples n’ont pas une idée précise du fonctionnement de l’ovulation et la plupart des parents ne connaissent pas avec exactitude le jour où ils ont conçu leur enfant. Si environ 80 % des femmes réussissent à concevoir au bout d’un an, nombreux sont les couples qui rencontrent des difficultés. Rapports sexuels réguliers mais sans résultat, antécédents médicaux, hygiène de vie déséquilibrée… Tour d’horizon des symptômes qui doivent vous interpeller.

Pendant longtemps, j’ai maîtrisé ma fertilité, mais aujourd’hui bébé se fait attendre.

Seules 30 % des femmes ont une fenêtre de fécondité comprise entre J10 et J17. La plupart commencent leur période fertile plus tôt et d’autres beaucoup plus tard. Certains problèmes gynécologiques et autres antécédents médicaux constituent aussi une menace pour la fertilité. Il ne s’agit pas forcément de stérilité mais simplement d’hypofertilité.

Avec mon mari nous avons des rapports réguliers depuis plusieurs mois en vue d’avoir un bébé, mais je n’arrive pas à être enceinte.

Le délai entre le désir de grossesse et l’obtention de celle-ci varie entre 6 mois et 1 an de rapports sexuels sans contraception pour 9 couples sur 10. Le moment idéal reste la veille, le jour et le lendemain de l’ovulation à raison de rapports réguliers, soit au moins 3 fois par semaine.

J’ai 36 ans et je désire un deuxième enfant, mais j’ai peur d’avoir des difficultés en raison de mon âge.

Plusieurs causes entraînent un retard de grossesse, voire parfois une infertilité. Premièrement, l’âge du couple. Après la trentaine, une femme a déjà moins de chance de tomber enceinte. Entre 35 et 42 ans, la fertilité baisse de 50 % en raison d’une baisse de la quantité et de la qualité des ovules. Idem pour la qualité des spermatozoïdes qui chute de 1 % chaque année. À noter que dans certains cas, la difficulté de conception peut aussi être psychologique : un manque inconscient de motivation de l’un des deux partenaires, des réticences dues à une histoire familiale difficile, etc.

Quels sont les autres problèmes qui menacent la fertilité ?

Chez les femmes, les troubles qui ont un impact négatif sont le plus souvent des cycles menstruels irréguliers ou très longs (souvent liés à un déséquilibre hormonal), une pathologie pelvienne telle que l’endométriose, des fibromes (dans de rares cas), une infection (salpingite, péritonite), une chirurgie antérieure des trompes ou des ovaires. Et, bien sûr, l’infertilité du partenaire masculin.

J’aimerais savoir comment augmenter ma fertilité et quelles sont les situations à risques.

L’hygiène de vie est un facteur qui a son importance, pour l’homme comme pour la femme : l’abus d’alcool, de tabac, le stress, la pollution ainsi que certains régimes draconiens à répétition n’arrangent pas les choses.

En pratique, comment déterminer la période à laquelle la femme est la plus fertile ?

Trois méthodes sont connues depuis des générations : la méthode du calendrier mais il faut que le cycle soit régulier ; la mesure de la température basale du corps (il se produit un décalage thermique de 0,2 à 0,5 °C après l’ovulation) ; la méthode de la glaire cervicale qui devient abondante, transparente et fluide au moment de l’ovulation. Dans l’ensemble ces méthodes sont peu pratiques, peu précises : la fiabilité n’est que de 46 à 76 % pour la glaire et de 57 à 70 % pour la courbe de température.

Existe-t-il des méthodes plus fiables ?

Une autre possibilité est de mesurer les variations des taux hormonaux : une ascension des taux d’estrogènes marque le début de la phase fertile de la majorité des femmes. Différents systèmes permettent, en mesurant les taux d’estrogènes urinaires et de LH, de donner une information quotidienne sur la période de fécondité.

Infertilité : quand consulter ?

Pour les couples n’ayant pas d’antécédents médicaux particuliers, il apparaît justifié de consulter un spécialiste et de commencer des examens après un an de rapports réguliers sans contraception. Si la femme a plus de 35 ans, des explorations plus rapides peuvent être engagées car les chances de réussite d’une procréation artificielle diminuent progressivement avec l’âge. Une femme de moins de 35 ans doit consulter un médecin après un an de tentatives infructueuses et une femme de plus de 35 ans après six mois.

Les produits conseils

Les tests d’ovulation n’améliorent pas la fécondité, ils permettent juste de connaître la période à laquelle la femme est la plus fertile.

À qui s’adressent ces tests ?

Les tests d’ovulation annoncent l’événement. Ils s’adressent aux femmes hypofertiles qui ont des difficultés à concevoir, mais également à tous les couples désireux de maximiser leurs chances de grossesse.

Comment ça marche ?

Les tests détectent dans l’urine l’hormone LH produite par l’hypophyse tout au long du cycle menstruel et qui donne le signal à l’ovaire. Ainsi, un test positif annonce un pic ovulatoire dans les 24 à 48 heures. Les tests permettent aussi de révéler un dysfonctionnement hypophysaire, lorsque bien utilisés pendant cinq jours ou plus, ils restent négatifs. Cela signifie que la production de LH est insuffisante pour atteindre le palier de concentration requis (30 UI/l) pour que le test soit positif et que l’ovulation se déclenche. L’infertilité touche 27 % des femmes

Comment les utilise-t-on ?

La plupart des tests contiennent entre cinq et sept bâtonnets tests ou cartes réactifs destinés à détecter la LH dans l’urine.

Dans un premier temps, il est nécessaire de débuter les tests de deux à quatre jours avant la date d’ovulation supposée. Ils doivent être réalisés pendant au minimum cinq jours de suite et au même moment chaque jour. Dès qu’un test se révèle positif, il est recommandé d’avoir des rapports sexuels dès que possible (dans les 48 heures) pour maximiser les chances de conception.

Par rapport aux règles quand faut-il commencer ?

Il faut se baser sur la longueur habituelle du cycle menstruel. Il faut alors commencer 17 jours avant la date des prochaines règles. Si la patiente ne connaît pas la longueur de son cycle, il est conseillé de commencer 10 jours après le début des dernières règles. Tant que le test effectué un jour donné est négatif, on recommence le lendemain jusqu’à obtention d’un résultat positif. Une fois ce pic mis en évidence, la série de tests doit être arrêtée.

Que faire en cas de cycles irréguliers ?

Ces tests sont déconseillés en cas de cycles trop longs ou trop courts. Si la durée moyenne des cycles fluctue de plus de trois ou quatre jours, une seule boîte contenant cinq tests peut ne pas suffire, il faut alors utiliser une partie ou la totalité de la boîte suivante jusqu’à ce que le test se révèle positif.

Quelle est la fiabilité de ces tests ?

Leur fiabilité avoisine les 99 %. Les résultats peuvent être faussés si l’urine est trop diluée (il faut respecter une restriction hydrique d’environ quatre heures), ou si la femme a reçu des médicaments stimulant l’ovulation ou pouvant produire une perturbation hormonale. À la lecture, le résultat peut apparaître douteux chez la femme enceinte ou si elle l’a été récemment, ou encore si elle est ménopausée.

On m’a parlé de dispositifs électroniques plus performants.

Ces dispositifs permettent de détecter, outre l’augmentation de la LH, une augmentation du taux d’estrogènes qui correspond au début de la période de fertilité. La fenêtre de fertilité propice à la conception est ainsi allongée de quelques jours. Ce sont des appareils qui enregistrent tout au long des cycles les résultats des dosages de LH et d’estrogènes (Clearblue, Ferility Monitor, Persona…). Ils sont réalisés tous les jours dans la même plage horaire, pendant 16 à 20 jours lors du premier cycle pour déterminer la date de l’ovulation, et seulement durant 8 à 10 jours les cycles suivants.

› CHRISTINE NICOLET

Le Quotidien du Pharmacien du : 19/04/2012

Méningites à méningocoques

Les méningites correspondent à une infection des enveloppes entourant le cerveau, les méninges, causée par plusieurs types de virus, de bactéries, et de champignons (voir « Différentes causes de méningites »). Les méningocoques (les bactéries Neisseria meningitidis) constituent les causes majeures de méningites aiguës (avec les pneumocoques et Haemophilus influenzae). Par leur contagiosité élevée, ils peuvent être à l’origine d’épidémies de méningites cérébro-spinales et de septicémies dans le monde entier.
La peur que suscitent les infections à méningocoques est justifiée par leur taux élevé de mortalité (entre 8 et 10%) et par leur potentiel épidémique.

Epidémiologie

Les méningocoques se transmettent par contact étroit (moins d’un mètre), direct et prolongé (plus d’une heure), avec les sécrétions naso-pharyngées. Les infections méningococciques sont endémiques dans le monde (500 000 cas par an selon l’OMS). L’incidence annuelle des infections à méningocoque, avec une recrudescence saisonnière (hiver et printemps), est de 1 à 5 cas pour 100 000 habitants dans les pays industrialisés. Les méningocoques sont les seules espèces bactériennes capables de provoquer des épidémies de méningites.
Douze sérogroupes de Neisseria meningitidis sont actuellement décrits, mais les sérogroupes A, B, C, Y et W135 sont à l’origine de 99% des cas d’infection invasive. Lors des épidémies, c’est la même souche qui se répand, la dissémination est dite « clonale ». Le sérogroupe A est à l’origine d’épidémies touchant des centaines de milliers de personnes dans la « ceinture africaine de la méningite » allant de l’Ethiopie jusqu’au Sénégal, région dans laquelle les infections surviennent pendant la saison sèche où prédomine également le vent de sable (harmattan). Ce sérogroupe est aussi présent en Asie.
Malgré leur chute depuis 2003, les souches du sérogroupe W135 sont toujours isolées dans des pays de la ceinture (Burkina Faso, Niger, Nord du Cameroun et Togo) et en dehors de cette ceinture (Afrique du Sud). De plus, des souches du sérogroupe X sont également isolées au Niger, au Ghana et au Togo. Le sérogroupe B, qui provoque généralement des cas sporadiques, est prédominant en Europe et en Amérique. Le sérogroupe C est à l’origine de petites bouffées épidémiques – non seulement en Amérique ou en Europe mais aussi en Asie.

En France en 2009 sur les 536 cas recensés par le Centre National de Référence, 70% étaient dus au sérogroupe B, 22% au sérogroupe C, 4% au sérogroupe Y et 4% au sérogroupe W135.


Symptômes de la méningite à méningocoques

La méningite à méningocoques survient généralement dans la première enfance (maximum d’incidence chez les moins de cinq ans) et chez l’adulte jeune (moins de vingt cinq ans) et associe un syndrome infectieux (fièvre, maux de tête violents, vomissements) et un syndrome méningé (raideur de la nuque, léthargie, troubles de la conscience, voire coma). Chez le nouveau-né et le nourrisson, ces symptômes sont moins marqués : l’accès brutal de fièvre est parfois accompagné de convulsions ou vomissements. L’apparition de taches hémorragiques sous la peau (purpura), s’étendant progressivement (purpura extensif), est un critère de gravité de l’infection et une menace de choc septique, imposant le traitement antibiotique et l’hospitalisation d’urgence. La ponction lombaire (prélèvement de liquide céphalo-rachidien), complétée par une analyse des bactéries présentes dans le sang, permettent d’affirmer le diagnostic. Les complications les plus fréquentes de la méningite cérébro-spinale sont des atteintes neurologiques, en particulier la surdité. L’incubation dure généralement 3 à 4 jours mais peut être prolongée jusqu’à une dizaine de jours.


Autres infections à méningocoques

Des tableaux cliniques peuvent correspondre à une forme grave d’infection à méningocoques : la méningococcémie aiguë notamment se traduit par un syndrome septicémique d’apparition brutale associé à un purpura cutané vasculaire extensif. Le purpura est caractérisé par des ecchymoses et petites hémorragies cutanées, les endotoxines libérées au cours de la lyse bactérienne entraînent des nécroses tissulaires. Le choc septique provoque des coagulations intravasculaires et engage souvent le pronostic vital. Le risque d’apparition de purpura fulminans létal se produit dans 30% des cas.
Des manifestations plus inhabituelles de l’infection à méningocoque peuvent être observées : arthrites septiques, péricardites, bronchopneumopathies aiguës (qui atteindraient plus fréquemment les individus immunodéprimés et les sujets âgés de plus de 70 ans).


Traitement

La gravité et le risque d’évolution rapide des infections à méningocoques impose la mise en place d’un traitement antibiotique le plus rapidement possible. Le traitement s’effectue par voie intraveineuse et est poursuivi habituellement pendant 10 jours. Dans les pays industrialisés, on utilise en première intention par les céphalosporines de 3ème génération (cefotaxime, ceftriaxone). En Afrique et en Asie du Sud-Est, pour des questions de coût et de modalités d’administration, le chloramphénicol est l’antibiotique utilisé en routine, sous forme injectable. La surveillance du développement de souches résistantes à cet antibiotique est active depuis la détection des souches résistantes en France et au Vietnam. L’utilisation d’une dose unique de ceftriaxone a été proposée pour le traitement des méningites à méningocoque en Afrique pendant la période épidémique.On craint aujourd’hui le développement de souches résistantes à cet antibiotique, ce qui serait dramatique pour la lutte contre les épidémies qui surviennent dans la « ceinture de la méningite ».


Vaccination

Le vaccin bivalent contre les sérogroupes A + C est très bien toléré. Il confère une immunité de 3 à 5 ans lorsqu’il est utilisé après l’âge de 2 ans. Il est administré à large échelle en cas d’épidémie dans les pays en développement et est réservé aux cas contacts dans les pays industrialisés (voir Prophylaxie…).

Il existe également un vaccin tétravalent contre les sérogroupes A, C, Y et W135 disponible dans les centres de vaccination. Cette vaccination est devenue obligatoire pour les pèlerins se rendant à La Mecque depuis l’épidémie de mars 2000. L’immunité apparaît dès le 10ème jour après la vaccination. En aucun cas la vaccination ne se substitue à l’antibioprophylaxie, qui est destinée à une prévention immédiate des cas secondaires.

Des vaccins conjugués, associant des sucres de la capsule bactérienne à une protéine porteuse, et conférant ainsi un pouvoir protecteur plus élevé même chez les enfants de moins de deux ans sont en développement contre différents sérogroupes.

Un premier vaccin conjugué contre le méningocoque C, dont l’efficacité a été démontrée en Grande Bretagne, où ce sérogroupe a beaucoup diminué, est disponible en France et recommandé de manière systématique avec une dose jusqu’à l’âge de 24 ans révolus.

Par ailleurs, un vaccin méningococcique conjugué ACYW135 a été mis récemment sur le marché ; contrairement au vaccin tétravalent non conjugué, il n’est pas réservé aux centres de vaccinations internationales, mais disponible également dans les pharmacies. La vaccination avec ce nouveau vaccin est conseillée pour les individus devant séjourner dans les zones endémiques.

En revanche, il n’existe toujours pas de vaccin contre les méningocoques du sérogroupe B, à l’origine de la grande majorité des méningites à méningocoques en Europe. Des antigènes protéiques potentiellement vaccinants sont en cours d’évaluation. D’intenses travaux de recherche associant des équipes internationales visent à identifier, sur la base de séquences génomiques, de nouveaux antigènes qui vaccineraient contre tous les méningocoques invasifs.


Prophylaxie pour l’entourage du malade en France

Une circulaire de la Direction Générale de la Santé du 23 octobre 2006 définit la prévention chez les sujets contacts :

– Dans tous les cas d’infections méningococciques, l’antibioprophylaxie est préconisée pour l’entourage proche, ce qui empêche la contagion entre les individus : la rifampicine doit être administrée pendant 2 jours. Toutefois, il existe des contre-indications (hypersensibilité, grossesse, maladie hépatique grave, alcoolisme, porphyrie,…), et des résistances à la rifampicine pour de rares souches de méningocoques. La prévention repose alors sur la prise de Ceftrixone par voie injectable ou de Ciprofloxacine par voie orale, en dose unique.

– Dans le cas de méningites à méningocoques du sérogroupe A, C, Y ou W135 la prévention par la vaccination permet de compléter l’antibioprophylaxie instaurée pour la protection des sujets ayant eu des contacts proches et répétés avec un malade (généralement les personnes vivant au domicile du malade) et des enfants en bas âge vivant en collectivité, où la promiscuité est grande.


Différentes causes de méningites

– Les méningites d’origine virale sont généralement bénignes chez les patients ne souffrant pas d’un déficit immunitaire, le rétablissement étant le plus souvent spontané : le malade guérit sans séquelles au bout de quelques jours.

– Les méningites d’origine bactérienne peuvent être graves, et les espèces responsables de méningites aiguës sont variables selon l’âge. Chez le nouveau-né et jusqu’à six mois, les bactéries redoutées sont les streptocoques du groupe B, Escherichia coli et Listeria monocytogenes. Chez le jeune enfant, jusqu’à 5 ans, les trois principales espèces en cause sont Haemophilus influenzae, Neisseria meningitidis (méningocoque) et Streptococcus pneumoniae (pneumocoque). Après 5 ans, les deux espèces bactériennes les plus fréquemment rencontrées sont N. meningitidis et S. pneumoniae. La vaccination infantile contre H. influenzae de type b a aboutit pratiquement à l’élimination de cet agent de méningites. Des infections méningées et septicémiques à H. influenzae ou S. pneumoniae surviennent aussi chez les personnes âgées. Enfin, deux espèces bactériennes peuvent être retrouvées à toutes les périodes de la vie chez les sujets immunodéprimés: Listeria monocytogenes et Mycobacterium tuberculosis, l’agent de la tuberculose.
L’habitat naturel des espèces bactériennes le plus souvent mises en cause dans les méningites aiguës (H. influenzae, N. meningitidis, et S. pneumoniae) est le rhinopharynx de l’homme. Après une infection locale – respiratoire ou ORL (angine, otite, sinusite…) -, les bactéries peuvent se retrouver dans le sang et éventuellement franchir la barrière hémato-méningée pour infecter le liquide céphalo-rachidien, ce qui entraîne un œdème et une inflammation méningée.

– les méningites d’origine fongique sont moins fréquentes mais très sévères. Elles sont surveillées en France par le Centre National de Référence Mycologie et Antifongiques à l’Institut Pasteur. Le principal champignon à l’origine de méningites est Cryptococcus neoformans dont le réservoir est constitué par les fientes de pigeons. Cette levure est responsable d’infections opportunistes, en particulier chez les patients atteints de sida. D’autres champignons peuvent être à l’origine de méningites: Candida spp. au cours des infections disséminées chez les patients immunodéprimés ou les nouveaux-nés, et, plus rarement en France métropolitaine qui n’est pas un pays d’endémie, des champignons tels que Histoplasma capsulatum ou Coccidioides immitis.


A l’Institut Pasteur

L’Unité postulante infections bactériennes invasives est consacrée à l’étude de ces bactéries, la compréhension de leur pathogénie et leur interaction avec leur hôte (l’homme). Cette Unité, comprend également le Centre National de Référence des méningocoques. Celui-ci est notamment chargé de l’expertise des souches isolées en France sur le plan de leur typage antigénique (sérogroupe, sérotype, etc.) et de leur sensibilité aux antibiotiques, ainsi que de la surveillance des liens de parenté génotypique éventuels entre des souches isolées au sein d’une même collectivité humaine (séquençage moléculaire, étude de polymorphismes génétiques, etc.). Le Centre National de Référence des méningocoques participe activement à l’élaboration des stratégies vaccinales contre les infections invasives à méningocoque en France.

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Janvier 2010

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Le Régime Méditerranéen

Méditerranéen

En bref


Perte de poids Bénéfice secondaire
Choix d’aliments Plus grand
En pratique Facile à suivre
Attention Possible carence en vitamine D pour les populations nordiques

Les origines


Si l’on retrouve des habitudes alimentaires diversifiées dans la quinzaine de pays situés sur le pourtour de la mer Méditerranée, il y a au moins une constante : l’utilisation abondante d’huile d’olive. Lorsqu’on parle de « régime méditerranéen », on fait plus particulièrement référence à l’alimentation traditionnelle des îles grecques de Crète et de Corfou — d’où l’appellation occasionnelle de « régime crétois ».

L’intérêt pour ce type d’alimentation provient d’une recherche (The Seven Countries Study) menée par Ancel Keys dans les années 1950, qui démontrait que, malgré un apport alimentaire élevé en matières grasses et un système de soins de santé relativement rudimentaire, les habitants de ces îles (ainsi que ceux de l’Italie méridionale) jouissaient d’une excellente espérance de vie à l’âge adulte, en plus de présenter un taux de maladies coronariennes très faible.

Plus tard, le professeur Serge Renaud — découvreur de ce que, en nutrition, on appelle « le paradoxe français » —, publiait une recherche (The Lyon Diet Study) qui révélait que les sujets ayant déjà été victimes d’un premier infarctus et qui adoptaient une alimentation de type crétois avaient un taux d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux réduit de 75 %, tandis que le groupe soumis seulement à une diète faible en matières grasses ne connaissait qu’une réduction de 25 %.

Depuis la publication de cette étude dans la très respectée revue médicale The Lancet, en 1994, la popularité de l’alimentation méditerranéenne s’est répandue comme une traînée de poudre dans le monde entier et les études scientifiques ne cessent de prouver son efficacité dans la prévention de nombreuses maladies.

Mentionnons que les Crétois — qui affichent toujours le taux le plus bas de mortalité cardiovasculaire au monde — mangent encore aujourd’hui de façon traditionnelle, consommant très peu d’aliments importés et transformés.

Les grands principes

Les objectifs

  • Réduction du risque de maladies cardiovasculaires.
  • Réduction du risque de cancer.
  • Augmentation de l’espérance de vie.
  • Amélioration de la santé en général.

Les grandes lignes

Ce régime est un tout. Il combine modération alimentaire et grande variété d’aliments (et donc de nutriments) à une vie active au quotidien. Ses principes de base sont faciles à comprendre et à suivre.

  • Abondance de produits céréaliers complets.
  • Abondance de fruits et de légumes.
  • Abondance d’ail, d’oignon, d’épices et d’aromates.
  • Utilisation de l’huile d’olive comme corps gras.
  • Consommation quotidienne de légumineuses, de noix et de graines.
  • Consommation quotidienne de yogourt et de fromage.
  • Consommation quotidienne, mais modérée, de vin rouge.
  • Grande consommation de poisson (plusieurs fois par semaine).
  • Consommation limitée de poulet et d’oeufs (quelques fois par semaine).
  • Consommation limitée d’aliments sucrés (quelques fois par semaine).
  • Consommation très limitée de viande rouge (quelques fois par mois).
  • Apport calorique quotidien raisonnable (de 1 800 à 2 500 calories par jour).

Les mécanismes d’action

Allégués

On attribue souvent ses bienfaits à l’apport élevé en acides gras monoinsaturés provenant de l’huile d’olive et à l’apport faible en acides gras saturés. Effectivement, une diète riche en acides gras monoinsaturés réduit les taux de cholestérol total et de mauvais cholestérol (LDL), et augmente celui de bon cholestérol (HDL).

De plus, on estime que les fruits et légumes en grande quantité procurent une excellente source d’antioxydants qui contribuent à protéger contre les maladies du vieillissement.

Démontrés

En réalité, c’est la synergie des nombreux nutriments et phytonutriments présents dans le régime méditerranéen ainsi qu’un mode de vie actif qui contribuent à prévenir les maladies.

Intégrer seulement quelques-uns des principes et ignorer les autres pourrait ne pas générer les mêmes effets bénéfiques.

Menu type d’une journée


Repas du matin
Pain complet et huile d’olive
Yogourt de chèvre nature avec miel
Fruit frais
Noix
Repas du midi
Crudités
Pois chiches à la coriandre
Riz sauvage aux petits légumes
Poire à la cannelle
Repas du soir
Crudités
Sardines
Salade de légumes au cerfeuil
Pain complet et huile d’olive
Un verre de vin

Avantages et inconvénients


Satiété et bien-être

Ce régime propose une bonne variété d’aliments nutritifs non transformés avec lesquels on atteint assez facilement la satiété, ce qui le rend agréable à suivre. Il n’y a pas d’aliments carrément interdits, bien que plusieurs soient à « consommation restreinte ».

En pratique

Ses principes de base sont faciles à comprendre et peuvent aisément être appliqués à la maison. Dans les grandes et moyennes villes, si l’on sait choisir son restaurant, il est facile de manger « méditerranéen ». Les choix peuvent être plus limités en région.

Perte de poids

Une étude conduite à la faculté de médecine de Harvard a révélé que les personnes soumises à l’alimentation méditerranéenne pendant 18 mois ont perdu plus de poids que les personnes ayant adopté un régime amaigrissant dont la seule caractéristique était d’être faible en gras.

Attention

  • Les Méditerranéens profitent d’un ensoleillement à l’année, ce qui leur procure une synthèse de vitamine D régulière. Pour les gens des pays nordiques, c’est le lait de vache qui constitue la principale source de cette vitamine. Comme le lait ne fait pas partie du régime, il faut miser sur une forte consommation de poissons gras (surtout saumon, maquereau et sardines) ainsi que sur les yogourts enrichis de vitamine D, ou, à la limite, sur les suppléments. Sinon, une déficience en vitamine D est possible.
  • La consommation de vin peut être adoptée ou pas, selon l’expérience personnelle et l’attitude de chaque individu face à l’alcool. En Crète, on le consomme en petites quantités, avec les repas.
  • Pour les gens qui n’ont guère l’habitude de consommer de l’huile d’olive, du poisson et des légumineuses, les ajouter à l’alimentation graduellement, en petite quantité à la fois, peut en faciliter l’intégration.

Commentaire



Le régime méditerranéen est facile à intégrer à son alimentation : il permet une grande liberté dans ses choix alimentaires en plus d’une fraîcheur saisonnière renouvelée.

L’adopter peut être favorable tant du point de vue de la santé que de la gastronomie. On peut le recommander à toute personne désireuse d’améliorer sa qualité et son espérance de vie.

Il convient bien aux enfants, car ils sont à l’âge idéal pour établir de saines habitudes de vie.

Les adolescents peuvent cependant être un peu rébarbatifs devant une alimentation qui s’éloigne du mode alimentaire nord américain : sachez user de patience et de persévérance!

Rédaction : Hélène Baribeau, nutritionniste Dt.P., M.Sc. en collaboration avec Marie Béique Dt.P.
Fiche créée :
mars 2005

Références

Bibliographie

Willett Walter C. Manger, boire et vivre en bonne santé. Les Éditions de l’Homme, Canada, 2004.

Willem Jean-Pierre. Les secrets du régime crétois. Les éditions Marabout, France, 1999.

Pospisil Edita. Le régime méditerranéen. Les éditions Vigot, France, 2000.

Cyr Josianne. L’alimentation crétoise adaptée. Mes 101 recettes express. Les éditions Effiscience, Canada, 2003.

La femme enceinte

Quelques définitions:

La listériose est une infection grave due à Listeria monocytogenes qui se manifeste classiquement par des troubles digestifs (diarrhées, vomissements), de la fièvre, des céphalées et des myalgies après en moyenne 20 heures d’incubation. Chez la femme enceinte, tous ces symptômes ne sont pas toujours présents et marqués. Les risques pour le foetus sont très importants : fausse couche spontanée, mort foetale in utero, accouchement prématuré, infection néonatale sévère (septicémie, méningite, infection respiratoire…)

La toxoplasmose est une infection provoquée par le parasite Toxoplasma gondii et transmise à l’homme principalement via l’ingestion de kystes présents dans la viande pas assez cuite et dans les excréments de chats retrouvés sur les fruits, légumes et végétaux. La primo-infection est la plupart du temps asymptomatique et sans gravité. En revanche, la toxoplasmose pendant la grossesse peut être redoutable en raison du risque de passage transplacentaire (risque évalué à 30 % en moyenne et qui augmente avec l’avancée dans la grossesse). Les conséquences chez le foetus peuvent être une fausse couche, un retard psychomoteur, des séquelles oculaires (choriorétinite principalement), des atteintes neurologiques. À l’inverse du taux de transmission, les conséquences de l’atteinte fÅ“tale sont plus graves si l’infection a lieu en début de grossesse. 50 à 70 % des femmes en âge de procréer sont immunisées. Une surveillance sérologique mensuelle est systématique chez les femmes enceintes non immunisées pendant la grossesse et dans le mois suivant l’accouchement.

Les vergetures apparaissent sous forme de stries et sont dues à une altération et une atrophie des fibres de collagène et d’élastine. Elles touchent le ventre, les hanches, les fesses, le haut des cuisses et la poitrine particulièrement. Les femmes enceintes sont les plus touchées : une femme enceinte sur deux serait concernée.

Un peu de physiopathologie

La femme enceinte subit de nombreuses modifications physiologiques au cours de sa grossesse. Par exemple, les normales sanguines sont modifiées : on observe une anémie physiologique de dilution avec diminution du taux d’hématocrite et d’hémoglobine, une hyperleucocytose physiologique, une thrombopénie légère possible en fin de grossesse.

La pression artérielle est légèrement diminuée. La pression veineuse est modifiée au niveau des membres inférieurs, pouvant engendrer une insuffisance veineuse. La stase veineuse, associée à une hypercoagulabilité (notamment par augmentation de certains facteurs de coagulation), prédispose la femme enceinte à un risque plus élevé de thrombose veineuse.

L’hypotonie au niveau de l’intestin peut être responsable de constipation. La diminution du transit et la baisse du tonus du cardia peuvent être responsables du reflux gastrooesophagien de la femme enceinte.

Au niveau de la peau, on observe une hyperpigmentation, des vergetures (70 % des femmes), un accroissement de la transpiration et des phanères qui se modifient.

Les mots du conseil

Trop de femmes enceintes s’automédiquent encore sans l’avis d’un professionnel de santé, sans être conscientes des effets néfastes pour leur bébé. Le remède à cette méconnaissance est justement de mettre de côté les remèdes et d’éduquer et d’apporter quelques conseils simples et efficaces.

Comment prévenir la listériose ?

Il faudra éviter les fromages à pâte molle au lait cru et les croûtes de fromage (croûte fleurie type camembert, brie ou croûte lavée type munster), les fromages râpés industriels, les poissons fumés et les graines germées crues. Éviter aussi les rillettes, les pâtés, les charcuteries en gelée, le foie gras. Toujours consommer les produits préemballés plutôt qu’à la coupe et ce rapidement après l’achat. Cuire les aliments d’origine animale.

Je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose : quelle alimentation adopter ?

Il est conseillé de bien cuire la viande (boeuf, porc, mouton…), d’éviter de consommer des viandes fumées, grillées ou marinées et de bien laver les légumes, fruits et plantes aromatiques. Hors du domicile, éviter les crudités et les viandes peu cuites, préférer les légumes cuits, les volailles ou le poisson. Toujours se laver les mains après avoir manipulé des légumes, des fruits ou de la viande crue et avoir une hygiène irréprochable dans sa cuisine : le plan de travail et les ustensiles doivent être soigneusement nettoyés, le réfrigérateur doit être nettoyé et désinfecté à l’eau de javel au moins deux fois par mois (valable aussi pour prévenir la listériose).

Je ne peux pas me séparer de mon chat…

Éviter de manipuler tout ce qui peut être en contact avec des excréments de chat (bac de litière, terre). Si c’est impossible, porter des gants et se laver les mains après chaque manipulation. Désinfecter le bac de litière à l’eau de javel.

J’ai des vergetures:

L’idéal est de débuter l’application d’une crème antivergeture préventivement (à partir du 3e ou 4e mois de grossesse). Outre l’application d’un soin, une hydratation suffisante de l’intérieur et de l’extérieur (appliquer un soin hydratant matin et soir) et un gommage de la peau pour stimuler le renouvellement cellulaire sont aussi des gestes qui préviennent l’apparition des vergetures. Attention : ne pas appliquer ces crèmes avant une échographie car elles peuvent réduire le passage des ultrasons.

On m’a parlé d’une huile pour assouplir le périnée

Des soins sont proposés pour préparer le périnée à l’étirement qu’il va subir à l’accouchement (Féminaissance assouplissement du périnée, Weleda huile de massage du périnée). Ils contiennent des huiles végétales (onagre, rose musquée, arnica, calophylle…) destinées à assouplir le périnée et renforcer son élasticité. En commençant vers 34 semaines, l’objectif est de préparer le passage de bébé et de permettre une meilleure récupération de la continence et de la vie sexuelle après l’accouchement.

Quelle alimentation ?

Les besoins caloriques s’élèvent un peu pendant la grossesse mais « pas de quoi manger pour deux » ! La répartition glucides/lipides/protides est similaire à l’alimentation classique de l’adulte. Il est important de savoir repérer les aliments bénéfiques et ceux à éviter. Les risques de carences concernent particulièrement l’acide folique (supplémentation systématique), la vitamine D (pouvant justifier une prescription de vitamine D au 6e ou 7e mois de grossesse), le fer, le calcium, l’iode.

Veiller à consommer en bonne quantité les aliments riches en folates : la levure en paillettes, les épinards, le cresson, la mâche, le melon, les noix, les châtaignes, le melon.

Pour assurer les besoins en calcium, consommer au moins trois produits laitiers par jour. Penser aussi aux eaux riches en calcium. Attention à limiter les produits riches en soja à cause des phytoestrogènes qu’ils contiennent : il est conseillé par l’AFSSA dans son « Guide nutrition pendant et après grossesse » de ne pas consommer plus d’un produit au soja par jour au maximum pendant la grossesse.

La vitamine D, essentiellement fabriquée grâce au soleil sur la peau, se retrouve dans les poissons gras et les produits laitiers enrichis en vitamine D.

La femme enceinte couvrira ses besoins accrus en fer en les puisant dans la viande, le poisson, le boudin noir, les légumes secs (lentilles, haricots blancs, pois chiches…)

L’iode, indispensable au bon développement du cerveau du fÅ“tus et à son développement neurocognitif, sera consommé dans les crustacés (bien cuits), les moules, les poissons de mer, les produits laitiers, les Å“ufs ou encore le sel iodé.

En abordant l’alimentation, il est utile et plus facile de rappeler l’intérêt de ne pas consommer d’alcool pendant la grossesse (risque de retard de croissance, dysmorphie faciale, malformations, retard mental). Conseiller aussi des petites quantités de café, de thé, de soda.

J’ai les jambes lourdes et des varices qui apparaissent

Ces plaintes sont courantes. Le port d’une contention adaptée permettra de soulager la gêne occasionnée. Rappeler aussi de surélever les pieds du lit, de passer un jet d’eau froide de bas en haut, d’éviter les sources de chaleur, d’éviter les talons hauts qui gênent la fonction de pompe musculaire du mollet, de pratiquer une activité physique comme la marche ou la natation et d’éviter la station assise ou debout prolongée.

J’ai du reflux

Le pyrosis est fréquent pendant la grossesse et apparaît plus volontiers en fin de grossesse. Quelques conseils de base pourront aider la femme enceinte à le soulager : maintenir une position verticale après le repas, surélever sa tête sur un oreiller la nuit, éviter la caféine, les graisses et les boissons gazeuses, fractionner ses repas. Si besoin, il est possible de conseiller ponctuellement un antiacide tel que le Gaviscon.

J’ai des nausées

Les nausées sont fréquentes chez la femme enceinte au premier trimestre de la grossesse. Elles disparaissent spontanément entre 16 et 20 semaines. Il est possible de proposer un traitement homéopathique à base d’Ignatia amara ou d’Ipéca. Attention toutefois à ne pas banaliser ces nausées et à ne pas les confondre avec des nausées pathologiques qui nécessitent une consultation (fièvre associée, douleurs abdominales…).

Je suis constipée

La constipation est fréquente pendant la grossesse. Des rappels diététiques suffisent souvent à rétablir la situation : enrichir son alimentation en fibres, fruits et légumes, bien s’hydrater (eau riche en magnésium) et pratiquer une activité physique. Si la constipation persiste, un laxatif pourra être proposé. D’après le CRAT, on préférera quel que soit le terme de la grossesse un laxatif de lest (mucilage seul) ou un laxatif osmotique (PEG, lactulose, lactitol, sorbitol). Attention aux tisanes laxatives en apparence inoffensives : elles peuvent contenir des dérivés anthracéniques qui ne sont pas recommandés pendant la grossesse.

Pourquoi me fait-on un examen d’urines tous les mois ?

Une glycosurie dans les urines peut révéler un diabète gestationnel. Une protéinurie est effectuée pour détecter une prééclampsie (protéinurie élevée associée à une hypertension artérielle). Plus on détecte tôt, meilleure est la prise en charge.

Il est important d’expliquer pourquoi différents examens sont pratiqués au cours de la grossesse (sérologie toxoplasmose, échographies, recherche de streptocoque B, test de O’Sullivan…) pour pouvoir rassurer la patiente.

Dois-je me vacciner contre la grippe cet hiver ?

Dans son dernier avis relatif à l’actualisation de la stratégie vaccinale contre la grippe 2011-2012 paru le 13 juillet, le Haut Conseil de Santé Publique recommande que soient vaccinées contre la grippe saisonnière pour la saison grippale 2011-2012 « les femmes enceintes à partir du second trimestre de la grossesse (les femmes enceintes ayant des facteurs de risque les rendant éligibles à la vaccination antigrippale selon le Calendrier vaccinal en vigueur, peuvent être vaccinées contre la grippe dès le 1er trimestre de la grossesse) ».

Les produits conseils

Compléments alimentaires

Un régime équilibré et varié doit suffire à répondre aux besoins de la femme enceinte et l’acide folique (vitamine B9) est la seule vitamine qui fait partie des recommandations de supplémentation systématique pour toutes les femmes enceintes. En effet, pris à raison de 400 microgrammes par jour en commençant 1 mois avant la conception et jusqu’à 2 mois après, il permet de réduire le risque de malformation du tube neural (anencéphalie, spina bifida).

Un complément alimentaire ne sera conseillé qu’aux femmes qui sont à risque de carence. Dans ce cas, choisir un complément alimentaire destiné aux femmes enceintes, qui répond à ses besoins spécifiques. Les compléments sont par exemple enrichis en acide folique et en fer mais contiennent peu ou pas de vitamine A qui à dose trop élevée aurait un effet tératogène (penser à l’isotrétinoïne qui est un dérivé de la vitamine A).

Prévention des vergetures

Les huiles végétales (argan, macadamia, onagre) se retrouvent dans les soins antivergetures pour leur richesse en acides gras essentiels. Elles permettent de renforcer l’élasticité de la peau. La vitamine E que contiennent par exemple les germes de blé, la vitamine A et la vitamine C sont utilisées pour leurs propriétés antiradicalaires. Les peptides de soja et le lupéol sont des élastorégulateurs : ils augmentent la synthèse de collagène. Des oligoéléments et l’arabinogalactane sont aussi insérés dans les formules car ils activent le renouvellement cellulaire. Le beurre de karité est utilisé pour ses propriétés hydratantes. Les extraits d’alchémille, le lierre ou le prêle relancent la production de collagène et d’élastine.

›CÉLINE LONGEARD

Le Quotidien du Pharmacien du : 15/09/2011

Que faut-il manger contre les crampes ?

Que faut-il manger contre les crampes ?

Les crampes sont des contractions musculaires involontaires et douloureuses dont les causes sont variées. Souvent, l’alimentation est en cause… Comment éviter les crampes ?

Pourquoi avons-nous des crampes ?

Les scientifiques comprennent encore mal le phénomène, pourtant très ordinaire, des crampes. Certaines crampes surviennent pendant le sport, auquel cas un mécanisme complexe, en partie lié à un manque de sang dans la partie du muscle affectée, est en cause. Mais d’autres crampes se produisent indépendamment de l’effort – les femmes enceintes par exemple sont souvent sujettes aux crampes. Dans ces cas, les scientifiques pensent en général que la crampe débute au niveau cellulaire, et plus précisément à l’étape de l’échange de sels minéraux entre la cellule et le milieu qui l’entoure.

Les crampes, une question d’alimentation ?

Pour éviter les crampes, il est donc important de s’assurer que nous avons assez de tous les sels minéraux. Le magnésium est le plus souvent pointé comme responsable des crampes, notamment parce que la carence en magnésium est relativement fréquente. Mais le potassium ou le calcium peuvent également être en cause. Attention, ce qui cause les crampes n’est pas seulement un manque de sels minéraux, mais un déséquilibre. Comment s’assurer l’équilibre ? Une alimentation variée et surtout riche en fruits et légumes est la solution la plus facile, bien entendu. Si vous souffrez régulièrement de crampes, un complément alimentaire est peut-être intéressant; consultez votre médecin généraliste.

Contre les crampes, il faut aussi boire…

La déshydratation est aussi une cause fréquente de crampes; si vous en souffrez fréquemment, vérifiez donc que vous buvez assez de liquides au cours de la journée. Les eaux minérales, si vous les choisissez bien, vous permettront de faire d’une pierre deux coups puisqu’elles sont parfois très riches en sels minéraux. Evitez aussi le café et autres boissons excitantes, elles sont souvent diurétiques (donc vous font perdre de l’eau).

D’autres solutions contre les crampes

Certains médecins conseillent aussi de s’étirer le soir et de pratiquer régulièrement une activité physique, pour éviter les crampes. Il existe également de très nombreux remèdes « de grand’mère » contre les crampes; ils n’ont malheureusement aucune efficacité. Malgré tous les efforts, alimentaires ou autres, une crampe peut arriver… Dans ce cas, un étirement du muscle affecté et un massage de la zone est en général efficace.

Article publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 23/12/2010 – 15:32

Sources : Larousse Médical

Ginkor fort

A quoi sert Ginkor Fort ?

Ginkor Fort est utilisé :

  • dans les troubles de la circulation veineuse
    • pour soulager les douleurs de jambes et éviter les jambes lourdes
    • contre les impatiences du primo decubitus, les sensations pénibles au coucher
  • dans le traitement des symptômes liés à la crise hémorroïdaire
    • pour lutter contre la douleur à la défécation
    • les brûlures, les démangeaisons
    • les suintements, les saignements

Quelle est la composition de Ginkor Fort ?

Ginkor Fort est un médicament à base d’extrait de ginkgo biloba standardisé. Ginkor Fort contient de la troxérutine et du chlorhydrate d’heptaminol. La formule exclusive de Ginkor Fort tonifie les veines et apaise les douleurs des jambes.

Comment agit Ginkor Fort ?

Ginkor Fort a une action protectrice des vaisseaux en :

  • augmentant leur résistance
  • diminuant leur perméabilité

Ginkor Fort agit contre la douleur veineuse :

  • en inhibant les médiateurs responsables de la douleur qui sont libérés au niveau de la paroi veineuse

Comment prendre Ginkor Fort ?

Pour le mal de jambes :
En traitement d’un mois à renouveler par cure de 3 mois
2 gélules par jour, une le matin, une le soir

Pour les symptômes fonctionnels de la crise hémorroïdaire :
En traitement d’attaque de 7 jours
3 à 4 gélules par jour réparties dans la journée

Quels conseils lors de la prise de Ginkor Fort ?

Il est recommandé de suivre les conseils d’hygiène de vie qui sont décrits dans la notice.

La contraception hormonale

Utilisés dans le but d’éviter une grossesse, les contraceptifs se présentent sous différentes formes. Nous nous intéresserons aux contraceptifs hormonaux actuellement commercialisés sous forme de : pilule, contraceptif d’urgence, implant sous-cutané, patch, anneau vaginal et SIU (système intra-utérin). Le choix s’effectue en fonction de différents critères : âge, antécédents familiaux, relation actuelle…

DÉFINITION
Les contraceptifs hormonaux disponibles sur le marché sont composés d’œstrogènes et/ou de progestatifs, 2 types de molécules ayant des modes d’action distincts :
– les progestatifs modifient la composition de la glaire cervicale, de l’endomètre, empêchant ainsi la pénétration des spermatozoïdes à travers le col utérin et rendant la nidation de l’œuf fécondé dans l’endomètre impossible. Ils peuvent être utilisés seuls contrairement aux œstrogènes.
– les œstrogènes inhibent l’ovulation mais sont toujours associés aux progestatifs. Les estroprogestatifs résultant de l’association des 2 hormones renforcent ainsi l’action contraceptive.

LES DIFFÉRENTES VOIES D’ADMINISTRATION
Disponibles sous diverses formes, les contraceptifs hormonaux sont administrés via différentes voies :
voie orale : on distingue les pilules estroprogestatives (macro, normo ou minidosées) et les progestatives (micro ou macro dosées).
Une autre pilule est également disponible en officine : la contraception d’urgence ou pilule du lendemain. Elle s’utilise dans les 72h suivant le rapport sexuel à risque. Elle peut être composée uniquement d’un progestatif ou alors d’une association de progestatif et d’œstrogène.
Depuis le 1er octobre 2009, une pilule du surlendemain est disponible en pharmacie. Elle peut être utilisée dans les 5 jours suivant un rapport sexuel non-protégé et agit comme un modulateur des récepteurs de la progestérone, empêchant ainsi l’hormone d’exercer son effet.
voie sous-cutanée : ce sont des implants sous-cutanés en silicone qui sont implantés sur la face interne du bras (sous la peau) et libèrent dans le sang un progestatif en quantité suffisante pour bloquer l’ovulation. Ce dispositif peut rester en place durant 3 ans et ensuite être remplacé par un autre.
voie transdermique : les patchs estroprogestatifs sont appliqués sur la face externe des bras, la partie supérieure du torse (mais jamais sur les seins), sur les fesses ou l’abdomen et ont les mêmes indications que les pilules estroprogestatives. Le traitement est d’une durée de 3 semaines (1 patch par semaine) suivi d’une semaine de repos durant laquelle surviendront les règles.
voie transvaginale : l’anneau vaginal estroprogestatif est placé dans le fond de la cavité vaginale pour une période de 3 semaines durant laquelle il libère les hormones contenues dans une pilule combinée. Au bout des 3 semaines, il est retiré et les règles surviennent.
voie locale : le système intra-utérin (SIU) est un corps étranger placé dans la cavité utérine lors d’une consultation gynécologique. Doté d’un petit réservoir de progestérone, libérée au fil des jours, le SIU entraîne des modifications de la muqueuse utérine qui devient alors inapte à assurer le développement d’un embryon.

PRÉVENTION ET CONSEILS À L’OFFICINE
Lors de votre exercice au comptoir, vous pouvez être amené à conseiller vos patientes sur la prise de leur contraceptif. Voici quelques recommandations que vous pouvez leur faire :
– associer la prise de la pilule à un moment précis de la journée,
– l’association pilule-tabac entraîne des risques de maladies cardiovasculaires,
– un suivi médical est nécessaire dès le commencement du traitement contraceptif hormonal,
– la pilule du lendemain ne protège du risque de grossesse que le rapport venant d’avoir lieu, elle doit être prise dans les 12h à 120h qui le suivent. Jusqu’à la fin du cycle, il est recommandé d’utiliser une contraception locale (préservatifs, spermicides). Ce type de contraception doit rester exceptionnel.
Et en cas d’oubli du traitement, conseillez à vos patientes :
– si l’oubli est inférieur à 12h pour une pilule estroprogestative ou à 3h pour une micropilule, de prendre le comprimé oublié et continuer la plaquette normalement,
– si l’oubli est supérieur à 12h ou à 3h, de prendre la pilule oubliée, poursuivre la plaquette et utiliser un contraceptif local jusqu’au début du cycle suivant,
– en cas d’absence de règles, préconiser un test de grossesse.

SITES WEB
http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/contraceptif-1220.html
http://www.contraceptions.org/

Les traitements antirejet

Parallèlement aux progrès incontestables de la chirurgie, l’amélioration du pronostic des greffes est aussi largement due à la découverte et au développement de médicaments qui permettent de prévenir le rejet.

Une des principales limitations des greffes est le rejet aigu du greffon. Ce rejet est dû au fait que l’organisme et son système immunitaire ne reconnaissent pas le tissu ou l’organe greffé comme leur appartenant. Ils le considèrent comme étranger et vont le traiter comme un « ennemi ». Le corps va donc réagir contre cet intrus comme il le ferait face à une bactérie, un virus ou un champignon.

Un certain nombre de réactions immunitaires vont se mettre en place et aboutir à la mort (nécrose) du greffon.

Limiter la réaction immunitaire

Les traitements anti-rejet à la base de toute greffeAprès une greffe, la prévention du rejet passe donc toujours par une inhibition ou au moins une réduction des réactions immunitaires. Pour ce faire, les médecins disposent aujourd’hui de plusieurs molécules. Ces médicaments vont agir à différents niveaux des réactions immunitaires pour en limiter l’expansion et l’ardeur. Ce sont les immunosuppresseurs.

Les premiers médicaments utilisés pour réduire les réactions immunitaires furent les corticoïdes et l’azathioprine, souvent utilisés en association. Bien connus de tous, les corticoïdes sont des anti-inflammatoires très puissants mais aussi des immunosuppresseurs. Malheureusement, leur emploi au long cours entraîne des effets secondaires qui en limitent l’usage même si leur association à l’azathioprine a permis la réduction de leur posologie tout en maintenant leur efficacité.

Années 80, La ciclosporine : une substance miracle

La ciclosporine A (SANDIMMUN ©) commence à être utilisée pour la prévention du rejet de greffe rénale et s’impose comme l’immunosuppresseur de référence, en association avec les corticoïdes et ou l’azathioprine (IMUREL ©). En effet, cette substance extraite d’un champignon microscopique permet aussi de réduire encore la posologie de corticoïdes. Elle est également plus efficace permettant des survies du greffon et du patient jamais atteintes. Bien sûr, la ciclosporine A est un médicament présentant des effets secondaires, notamment pour le rein.

Cette toxicité est aujourd’hui mieux contrôlée grâce à une diminution des doses et un meilleur suivi par un dosage sanguin 2 heures après la prise du médicament (C2). Cette molécule peut avoir tendance à augmenter la pression artérielle et à favoriser la pousse des poils (hirsutisme).

Années 90, L’immunosuppression s’enrichit.

Dans le courant des années 90, le tacrolimus (PROGRAF ©) est commercialisé et devient une alternative à la ciclosporine A dont la présentation se modifie avec une forme mieux absorbée : NEORAL ©. Puis l’acide mycophénolique (CELLCEPT © puis une forme gastro-protégée : MYFORTIC ©) est également mis à disposition des médecins et se destine à rendre l’immunosuppression plus efficace. L’association de plusieurs de ces médicaments a permis d’adapter le traitement anti-rejet en fonction de chaque profil de patients et d’allonger la survie du greffon.

Fin des années 90, de nouveaux anticorps monoclonaux le basiliximab (SIMULECT) et le daclizumab (ZENAPAX) sont commercialisés et viennent compléter la gamme des immunosuppresseurs en permettant une immunosuppression plus intense dans les premiers jours suivant la greffe.

Années 2000, De nouvelles voies de traitement .

Des inhibiteurs du signal de prolifération apparaissent avec le sirolimus (RAPAMUNE ©) et leur place se précise peu à peu. Aujourd’hui, l’éverolimus (CERTICAN ©) sur le point d’être commercialisé parait apporter un bénéfice majeur en transplantation cardiaque*.

. et la recherche continue !

Actuellement, plusieurs laboratoires pharmaceutiques s’emploient à rechercher de nouvelles molécules. Ces molécules en développement sont encore plus spécifiques, neutralisant de nouvelles cibles impliquées dans le mécanisme de défense immunitaire. Leur mode d’action les rend toujours efficace mais moins toxiques.

Au final, la complexité du système immunitaire humain nécessite que les laboratoires continuent à rechercher de nouvelles voies thérapeutiques permettant d’obtenir une excellente balance entre efficacité et tolérance pour une meilleure survie et qualité de vie des patients.

François Resplandy  DOCTISSIMO

* Eisen HJ et al. Everolimus for the prevention of allograft rejection and vasculopathy in cardiac-transplant recipients. N Engl J Med. (2003) 349(9) : 847-58