La santé plus chére pour les ESPAGNOLS

Les patients seront mis à contribution en Espagne


La ministre de la santé Ana Mato (blazer vert) entourée par les Conseillers Régionaux espagnols délégués à la Santé (photo : Ministerio de Sanidad)

La ministre de la santé Ana Mato (blazer vert) entourée par les Conseillers Régionaux espagnols délégués à la Santé (photo : Ministerio de Sanidad)
ESPAGNE. La ministre espagnole de la Santé, Ana Mato, vient de présenter jeudi 19 avril 2012, un texte qui définit le nouveau système de financement du médicament dans le pays.
Concrètement, le gouvernement de Mariano Rajoy adopte le principe de cofinancement des médicaments, à travers une taxe sur les prescriptions dans les pharmacies.

Les retraités seront les premiers à être mis à contribution, avec l’application d’un forfait qui pourra aller jusqu’à 18 € par mois. Les sommes à la charge des malades dépendront en fait du niveau de revenus. Les pensions les plus basses (et les personnes atteintes de maladies chroniques) seront exonérées de charges. À partir de 22 000 € de revenus par an, les retraités devront payer 10% du montant des prescriptions (et jusqu’à 60% pour les personnes disposant d’une pension annuelle supérieure à 100 000 €).

Les charges augmentent également pour la population active espagnole (à l’exception des chômeurs en fin de droits) qui devra payer, selon les revenus, entre 40% et 60% des médicaments remboursés.

Reste à savoir combien cette mesure rapportera à l’État, ce que la ministre de la Santé espagnole est incapable de dire précisément, puisque son ministère estime que les économies s’élèveront à « quelques centaines de millions ». Mais Ana Mato insiste sur les effets dissuasifs de ce dispositif visant aussi à réduire les achats dans les pharmacies en Espagne, où 3 700 tonnes de médicaments non périmés partent chaque année à la poubelle, ce qui représente une valeur de 1 mrd € selon le ministère de la Santé.

Autres inconnues : les modalités et le calendrier d’application de cette réforme, qui exigent de croiser les fichiers d’informations entre les professionnels de la santé et le ministère des Finances, pour appliquer le juste tarif à chaque patient. Ce qui, entre parenthèses, générera également un coût qui n’a pas été chiffré.

Le gouvernement de Mariano Rajoy va enfin prendre des mesures pour limiter le « tourisme sanitaire », dont profiteraient abusivement 700 000 étrangers en Espagne chaque année, et ce qui permettrait d’économiser 917 M€.

Source : ECONOSTRUM   Francis MATEO

19 Avril 2012