HUILES ESSENTIELLES et GROSSESSE

Huiles essentielles interdites pendant toute la grossesse et l’allaitement : absinthe, achillées, acores, aneths ,anis,  étoilé, armoise, aunée, balsamite, basilic camphré, boldo, buchus, cajeput, calament, camphrier du Japon, carvi, cèdes, chénopode, curcuma, cyprès bleu, eucalyptus dives, eucalyptus polybractea à cryptone, fenouil doux, germandrées, hysope officinale, lantana, lavande, stoechade, menthes (pouliot, suave, sylvestre, verte), moutarde noire, myrique baumier, niaouli (prudence), ravensare anisé, romarin à camphre et à verbénone, rue odorante, sabine, santoline, sassafras, sauge officinale et trilobée, souchet, tagète, tanaisie, thuya, zédoaire.

 

La femme enceinte

Quelques définitions:

La listériose est une infection grave due à Listeria monocytogenes qui se manifeste classiquement par des troubles digestifs (diarrhées, vomissements), de la fièvre, des céphalées et des myalgies après en moyenne 20 heures d’incubation. Chez la femme enceinte, tous ces symptômes ne sont pas toujours présents et marqués. Les risques pour le foetus sont très importants : fausse couche spontanée, mort foetale in utero, accouchement prématuré, infection néonatale sévère (septicémie, méningite, infection respiratoire…)

La toxoplasmose est une infection provoquée par le parasite Toxoplasma gondii et transmise à l’homme principalement via l’ingestion de kystes présents dans la viande pas assez cuite et dans les excréments de chats retrouvés sur les fruits, légumes et végétaux. La primo-infection est la plupart du temps asymptomatique et sans gravité. En revanche, la toxoplasmose pendant la grossesse peut être redoutable en raison du risque de passage transplacentaire (risque évalué à 30 % en moyenne et qui augmente avec l’avancée dans la grossesse). Les conséquences chez le foetus peuvent être une fausse couche, un retard psychomoteur, des séquelles oculaires (choriorétinite principalement), des atteintes neurologiques. À l’inverse du taux de transmission, les conséquences de l’atteinte fÅ“tale sont plus graves si l’infection a lieu en début de grossesse. 50 à 70 % des femmes en âge de procréer sont immunisées. Une surveillance sérologique mensuelle est systématique chez les femmes enceintes non immunisées pendant la grossesse et dans le mois suivant l’accouchement.

Les vergetures apparaissent sous forme de stries et sont dues à une altération et une atrophie des fibres de collagène et d’élastine. Elles touchent le ventre, les hanches, les fesses, le haut des cuisses et la poitrine particulièrement. Les femmes enceintes sont les plus touchées : une femme enceinte sur deux serait concernée.

Un peu de physiopathologie

La femme enceinte subit de nombreuses modifications physiologiques au cours de sa grossesse. Par exemple, les normales sanguines sont modifiées : on observe une anémie physiologique de dilution avec diminution du taux d’hématocrite et d’hémoglobine, une hyperleucocytose physiologique, une thrombopénie légère possible en fin de grossesse.

La pression artérielle est légèrement diminuée. La pression veineuse est modifiée au niveau des membres inférieurs, pouvant engendrer une insuffisance veineuse. La stase veineuse, associée à une hypercoagulabilité (notamment par augmentation de certains facteurs de coagulation), prédispose la femme enceinte à un risque plus élevé de thrombose veineuse.

L’hypotonie au niveau de l’intestin peut être responsable de constipation. La diminution du transit et la baisse du tonus du cardia peuvent être responsables du reflux gastrooesophagien de la femme enceinte.

Au niveau de la peau, on observe une hyperpigmentation, des vergetures (70 % des femmes), un accroissement de la transpiration et des phanères qui se modifient.

Les mots du conseil

Trop de femmes enceintes s’automédiquent encore sans l’avis d’un professionnel de santé, sans être conscientes des effets néfastes pour leur bébé. Le remède à cette méconnaissance est justement de mettre de côté les remèdes et d’éduquer et d’apporter quelques conseils simples et efficaces.

Comment prévenir la listériose ?

Il faudra éviter les fromages à pâte molle au lait cru et les croûtes de fromage (croûte fleurie type camembert, brie ou croûte lavée type munster), les fromages râpés industriels, les poissons fumés et les graines germées crues. Éviter aussi les rillettes, les pâtés, les charcuteries en gelée, le foie gras. Toujours consommer les produits préemballés plutôt qu’à la coupe et ce rapidement après l’achat. Cuire les aliments d’origine animale.

Je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose : quelle alimentation adopter ?

Il est conseillé de bien cuire la viande (boeuf, porc, mouton…), d’éviter de consommer des viandes fumées, grillées ou marinées et de bien laver les légumes, fruits et plantes aromatiques. Hors du domicile, éviter les crudités et les viandes peu cuites, préférer les légumes cuits, les volailles ou le poisson. Toujours se laver les mains après avoir manipulé des légumes, des fruits ou de la viande crue et avoir une hygiène irréprochable dans sa cuisine : le plan de travail et les ustensiles doivent être soigneusement nettoyés, le réfrigérateur doit être nettoyé et désinfecté à l’eau de javel au moins deux fois par mois (valable aussi pour prévenir la listériose).

Je ne peux pas me séparer de mon chat…

Éviter de manipuler tout ce qui peut être en contact avec des excréments de chat (bac de litière, terre). Si c’est impossible, porter des gants et se laver les mains après chaque manipulation. Désinfecter le bac de litière à l’eau de javel.

J’ai des vergetures:

L’idéal est de débuter l’application d’une crème antivergeture préventivement (à partir du 3e ou 4e mois de grossesse). Outre l’application d’un soin, une hydratation suffisante de l’intérieur et de l’extérieur (appliquer un soin hydratant matin et soir) et un gommage de la peau pour stimuler le renouvellement cellulaire sont aussi des gestes qui préviennent l’apparition des vergetures. Attention : ne pas appliquer ces crèmes avant une échographie car elles peuvent réduire le passage des ultrasons.

On m’a parlé d’une huile pour assouplir le périnée

Des soins sont proposés pour préparer le périnée à l’étirement qu’il va subir à l’accouchement (Féminaissance assouplissement du périnée, Weleda huile de massage du périnée). Ils contiennent des huiles végétales (onagre, rose musquée, arnica, calophylle…) destinées à assouplir le périnée et renforcer son élasticité. En commençant vers 34 semaines, l’objectif est de préparer le passage de bébé et de permettre une meilleure récupération de la continence et de la vie sexuelle après l’accouchement.

Quelle alimentation ?

Les besoins caloriques s’élèvent un peu pendant la grossesse mais « pas de quoi manger pour deux » ! La répartition glucides/lipides/protides est similaire à l’alimentation classique de l’adulte. Il est important de savoir repérer les aliments bénéfiques et ceux à éviter. Les risques de carences concernent particulièrement l’acide folique (supplémentation systématique), la vitamine D (pouvant justifier une prescription de vitamine D au 6e ou 7e mois de grossesse), le fer, le calcium, l’iode.

Veiller à consommer en bonne quantité les aliments riches en folates : la levure en paillettes, les épinards, le cresson, la mâche, le melon, les noix, les châtaignes, le melon.

Pour assurer les besoins en calcium, consommer au moins trois produits laitiers par jour. Penser aussi aux eaux riches en calcium. Attention à limiter les produits riches en soja à cause des phytoestrogènes qu’ils contiennent : il est conseillé par l’AFSSA dans son « Guide nutrition pendant et après grossesse » de ne pas consommer plus d’un produit au soja par jour au maximum pendant la grossesse.

La vitamine D, essentiellement fabriquée grâce au soleil sur la peau, se retrouve dans les poissons gras et les produits laitiers enrichis en vitamine D.

La femme enceinte couvrira ses besoins accrus en fer en les puisant dans la viande, le poisson, le boudin noir, les légumes secs (lentilles, haricots blancs, pois chiches…)

L’iode, indispensable au bon développement du cerveau du fÅ“tus et à son développement neurocognitif, sera consommé dans les crustacés (bien cuits), les moules, les poissons de mer, les produits laitiers, les Å“ufs ou encore le sel iodé.

En abordant l’alimentation, il est utile et plus facile de rappeler l’intérêt de ne pas consommer d’alcool pendant la grossesse (risque de retard de croissance, dysmorphie faciale, malformations, retard mental). Conseiller aussi des petites quantités de café, de thé, de soda.

J’ai les jambes lourdes et des varices qui apparaissent

Ces plaintes sont courantes. Le port d’une contention adaptée permettra de soulager la gêne occasionnée. Rappeler aussi de surélever les pieds du lit, de passer un jet d’eau froide de bas en haut, d’éviter les sources de chaleur, d’éviter les talons hauts qui gênent la fonction de pompe musculaire du mollet, de pratiquer une activité physique comme la marche ou la natation et d’éviter la station assise ou debout prolongée.

J’ai du reflux

Le pyrosis est fréquent pendant la grossesse et apparaît plus volontiers en fin de grossesse. Quelques conseils de base pourront aider la femme enceinte à le soulager : maintenir une position verticale après le repas, surélever sa tête sur un oreiller la nuit, éviter la caféine, les graisses et les boissons gazeuses, fractionner ses repas. Si besoin, il est possible de conseiller ponctuellement un antiacide tel que le Gaviscon.

J’ai des nausées

Les nausées sont fréquentes chez la femme enceinte au premier trimestre de la grossesse. Elles disparaissent spontanément entre 16 et 20 semaines. Il est possible de proposer un traitement homéopathique à base d’Ignatia amara ou d’Ipéca. Attention toutefois à ne pas banaliser ces nausées et à ne pas les confondre avec des nausées pathologiques qui nécessitent une consultation (fièvre associée, douleurs abdominales…).

Je suis constipée

La constipation est fréquente pendant la grossesse. Des rappels diététiques suffisent souvent à rétablir la situation : enrichir son alimentation en fibres, fruits et légumes, bien s’hydrater (eau riche en magnésium) et pratiquer une activité physique. Si la constipation persiste, un laxatif pourra être proposé. D’après le CRAT, on préférera quel que soit le terme de la grossesse un laxatif de lest (mucilage seul) ou un laxatif osmotique (PEG, lactulose, lactitol, sorbitol). Attention aux tisanes laxatives en apparence inoffensives : elles peuvent contenir des dérivés anthracéniques qui ne sont pas recommandés pendant la grossesse.

Pourquoi me fait-on un examen d’urines tous les mois ?

Une glycosurie dans les urines peut révéler un diabète gestationnel. Une protéinurie est effectuée pour détecter une prééclampsie (protéinurie élevée associée à une hypertension artérielle). Plus on détecte tôt, meilleure est la prise en charge.

Il est important d’expliquer pourquoi différents examens sont pratiqués au cours de la grossesse (sérologie toxoplasmose, échographies, recherche de streptocoque B, test de O’Sullivan…) pour pouvoir rassurer la patiente.

Dois-je me vacciner contre la grippe cet hiver ?

Dans son dernier avis relatif à l’actualisation de la stratégie vaccinale contre la grippe 2011-2012 paru le 13 juillet, le Haut Conseil de Santé Publique recommande que soient vaccinées contre la grippe saisonnière pour la saison grippale 2011-2012 « les femmes enceintes à partir du second trimestre de la grossesse (les femmes enceintes ayant des facteurs de risque les rendant éligibles à la vaccination antigrippale selon le Calendrier vaccinal en vigueur, peuvent être vaccinées contre la grippe dès le 1er trimestre de la grossesse) ».

Les produits conseils

Compléments alimentaires

Un régime équilibré et varié doit suffire à répondre aux besoins de la femme enceinte et l’acide folique (vitamine B9) est la seule vitamine qui fait partie des recommandations de supplémentation systématique pour toutes les femmes enceintes. En effet, pris à raison de 400 microgrammes par jour en commençant 1 mois avant la conception et jusqu’à 2 mois après, il permet de réduire le risque de malformation du tube neural (anencéphalie, spina bifida).

Un complément alimentaire ne sera conseillé qu’aux femmes qui sont à risque de carence. Dans ce cas, choisir un complément alimentaire destiné aux femmes enceintes, qui répond à ses besoins spécifiques. Les compléments sont par exemple enrichis en acide folique et en fer mais contiennent peu ou pas de vitamine A qui à dose trop élevée aurait un effet tératogène (penser à l’isotrétinoïne qui est un dérivé de la vitamine A).

Prévention des vergetures

Les huiles végétales (argan, macadamia, onagre) se retrouvent dans les soins antivergetures pour leur richesse en acides gras essentiels. Elles permettent de renforcer l’élasticité de la peau. La vitamine E que contiennent par exemple les germes de blé, la vitamine A et la vitamine C sont utilisées pour leurs propriétés antiradicalaires. Les peptides de soja et le lupéol sont des élastorégulateurs : ils augmentent la synthèse de collagène. Des oligoéléments et l’arabinogalactane sont aussi insérés dans les formules car ils activent le renouvellement cellulaire. Le beurre de karité est utilisé pour ses propriétés hydratantes. Les extraits d’alchémille, le lierre ou le prêle relancent la production de collagène et d’élastine.

›CÉLINE LONGEARD

Le Quotidien du Pharmacien du : 15/09/2011

La contraception hormonale

Utilisés dans le but d’éviter une grossesse, les contraceptifs se présentent sous différentes formes. Nous nous intéresserons aux contraceptifs hormonaux actuellement commercialisés sous forme de : pilule, contraceptif d’urgence, implant sous-cutané, patch, anneau vaginal et SIU (système intra-utérin). Le choix s’effectue en fonction de différents critères : âge, antécédents familiaux, relation actuelle…

DÉFINITION
Les contraceptifs hormonaux disponibles sur le marché sont composés d’œstrogènes et/ou de progestatifs, 2 types de molécules ayant des modes d’action distincts :
– les progestatifs modifient la composition de la glaire cervicale, de l’endomètre, empêchant ainsi la pénétration des spermatozoïdes à travers le col utérin et rendant la nidation de l’œuf fécondé dans l’endomètre impossible. Ils peuvent être utilisés seuls contrairement aux œstrogènes.
– les œstrogènes inhibent l’ovulation mais sont toujours associés aux progestatifs. Les estroprogestatifs résultant de l’association des 2 hormones renforcent ainsi l’action contraceptive.

LES DIFFÉRENTES VOIES D’ADMINISTRATION
Disponibles sous diverses formes, les contraceptifs hormonaux sont administrés via différentes voies :
voie orale : on distingue les pilules estroprogestatives (macro, normo ou minidosées) et les progestatives (micro ou macro dosées).
Une autre pilule est également disponible en officine : la contraception d’urgence ou pilule du lendemain. Elle s’utilise dans les 72h suivant le rapport sexuel à risque. Elle peut être composée uniquement d’un progestatif ou alors d’une association de progestatif et d’œstrogène.
Depuis le 1er octobre 2009, une pilule du surlendemain est disponible en pharmacie. Elle peut être utilisée dans les 5 jours suivant un rapport sexuel non-protégé et agit comme un modulateur des récepteurs de la progestérone, empêchant ainsi l’hormone d’exercer son effet.
voie sous-cutanée : ce sont des implants sous-cutanés en silicone qui sont implantés sur la face interne du bras (sous la peau) et libèrent dans le sang un progestatif en quantité suffisante pour bloquer l’ovulation. Ce dispositif peut rester en place durant 3 ans et ensuite être remplacé par un autre.
voie transdermique : les patchs estroprogestatifs sont appliqués sur la face externe des bras, la partie supérieure du torse (mais jamais sur les seins), sur les fesses ou l’abdomen et ont les mêmes indications que les pilules estroprogestatives. Le traitement est d’une durée de 3 semaines (1 patch par semaine) suivi d’une semaine de repos durant laquelle surviendront les règles.
voie transvaginale : l’anneau vaginal estroprogestatif est placé dans le fond de la cavité vaginale pour une période de 3 semaines durant laquelle il libère les hormones contenues dans une pilule combinée. Au bout des 3 semaines, il est retiré et les règles surviennent.
voie locale : le système intra-utérin (SIU) est un corps étranger placé dans la cavité utérine lors d’une consultation gynécologique. Doté d’un petit réservoir de progestérone, libérée au fil des jours, le SIU entraîne des modifications de la muqueuse utérine qui devient alors inapte à assurer le développement d’un embryon.

PRÉVENTION ET CONSEILS À L’OFFICINE
Lors de votre exercice au comptoir, vous pouvez être amené à conseiller vos patientes sur la prise de leur contraceptif. Voici quelques recommandations que vous pouvez leur faire :
– associer la prise de la pilule à un moment précis de la journée,
– l’association pilule-tabac entraîne des risques de maladies cardiovasculaires,
– un suivi médical est nécessaire dès le commencement du traitement contraceptif hormonal,
– la pilule du lendemain ne protège du risque de grossesse que le rapport venant d’avoir lieu, elle doit être prise dans les 12h à 120h qui le suivent. Jusqu’à la fin du cycle, il est recommandé d’utiliser une contraception locale (préservatifs, spermicides). Ce type de contraception doit rester exceptionnel.
Et en cas d’oubli du traitement, conseillez à vos patientes :
– si l’oubli est inférieur à 12h pour une pilule estroprogestative ou à 3h pour une micropilule, de prendre le comprimé oublié et continuer la plaquette normalement,
– si l’oubli est supérieur à 12h ou à 3h, de prendre la pilule oubliée, poursuivre la plaquette et utiliser un contraceptif local jusqu’au début du cycle suivant,
– en cas d’absence de règles, préconiser un test de grossesse.

SITES WEB
http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/contraceptif-1220.html
http://www.contraceptions.org/