Les tests d’ovulation

Même si les femmes sont à l’écoute de leur corps, elles ont parfois du mal à bien identifier leur période de fécondité. L’utilisation de tests d’ovulation peut les aider à augmenter leurs chances de devenir enceinte. Petit tour d’horizon des conseils à dispenser en la matière… et de l’offre officinale.

Quelques définitions

Près de 98 % des femmes ne savent pas clairement combien de jours par mois il est possible de devenir enceinte, et plus de la moitié ne sont pas sûres des jours de fécondité de leur cycle.

La période de fécondité est le laps de temps pendant lequel le spermatozoïde peut survivre dans l’appareil génital féminin avant que l’ovulation et la fécondation ne surviennent.

L’ovulation est le terme utilisé pour définir la libération d’un ovule (habituellement un mois parfois plus) par l’ovaire.

Parce que les cycles menstruels varient d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre chez la même femme, il n’est pas toujours facile de déterminer la période de fertilité. Elle est en principe de plusieurs jours (habituellement pas plus de 5 ou6).

Un peu de physiopathologie

Le cycle féminin commence le premier jour des règles et se termine le premier jour des règles suivantes. La durée d’un cycle varie d’une femme à l’autre mais généralement un cycle dure de 23 à 35 jours. Présente en petite quantité au début du cycle, la LH (hormone lutéinisante) augmente progressivement dans le sang à partir de la fin des menstrues pour atteindre le pic qui précède de 24 à 48 heures la ponte ovulaire. La période pendant laquelle la femme est la plus fertile s’étend de quatre jours avant à deux jours après l’ovulation en raison de la durée de vie des spermatozoïdes. L’ovulation ne se produit pas systématiquement au milieu du cycle : le jour de l’ovulation dépend de la longueur du cycle.

La conception survient quand un spermatozoïde féconde l’ovule. Alors que les spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans les voies génitales féminines, l’ovule ne survit que 24 heures après l’ovulation. Ceci induit donc des limites à la probabilité de fécondation. On estime à 20 % les couples qui ont des difficultés de conception en raison d’un mauvais timing des rapports sexuels.

Les mots du conseil

Beaucoup de couples n’ont pas une idée précise du fonctionnement de l’ovulation et la plupart des parents ne connaissent pas avec exactitude le jour où ils ont conçu leur enfant. Si environ 80 % des femmes réussissent à concevoir au bout d’un an, nombreux sont les couples qui rencontrent des difficultés. Rapports sexuels réguliers mais sans résultat, antécédents médicaux, hygiène de vie déséquilibrée… Tour d’horizon des symptômes qui doivent vous interpeller.

Pendant longtemps, j’ai maîtrisé ma fertilité, mais aujourd’hui bébé se fait attendre.

Seules 30 % des femmes ont une fenêtre de fécondité comprise entre J10 et J17. La plupart commencent leur période fertile plus tôt et d’autres beaucoup plus tard. Certains problèmes gynécologiques et autres antécédents médicaux constituent aussi une menace pour la fertilité. Il ne s’agit pas forcément de stérilité mais simplement d’hypofertilité.

Avec mon mari nous avons des rapports réguliers depuis plusieurs mois en vue d’avoir un bébé, mais je n’arrive pas à être enceinte.

Le délai entre le désir de grossesse et l’obtention de celle-ci varie entre 6 mois et 1 an de rapports sexuels sans contraception pour 9 couples sur 10. Le moment idéal reste la veille, le jour et le lendemain de l’ovulation à raison de rapports réguliers, soit au moins 3 fois par semaine.

J’ai 36 ans et je désire un deuxième enfant, mais j’ai peur d’avoir des difficultés en raison de mon âge.

Plusieurs causes entraînent un retard de grossesse, voire parfois une infertilité. Premièrement, l’âge du couple. Après la trentaine, une femme a déjà moins de chance de tomber enceinte. Entre 35 et 42 ans, la fertilité baisse de 50 % en raison d’une baisse de la quantité et de la qualité des ovules. Idem pour la qualité des spermatozoïdes qui chute de 1 % chaque année. À noter que dans certains cas, la difficulté de conception peut aussi être psychologique : un manque inconscient de motivation de l’un des deux partenaires, des réticences dues à une histoire familiale difficile, etc.

Quels sont les autres problèmes qui menacent la fertilité ?

Chez les femmes, les troubles qui ont un impact négatif sont le plus souvent des cycles menstruels irréguliers ou très longs (souvent liés à un déséquilibre hormonal), une pathologie pelvienne telle que l’endométriose, des fibromes (dans de rares cas), une infection (salpingite, péritonite), une chirurgie antérieure des trompes ou des ovaires. Et, bien sûr, l’infertilité du partenaire masculin.

J’aimerais savoir comment augmenter ma fertilité et quelles sont les situations à risques.

L’hygiène de vie est un facteur qui a son importance, pour l’homme comme pour la femme : l’abus d’alcool, de tabac, le stress, la pollution ainsi que certains régimes draconiens à répétition n’arrangent pas les choses.

En pratique, comment déterminer la période à laquelle la femme est la plus fertile ?

Trois méthodes sont connues depuis des générations : la méthode du calendrier mais il faut que le cycle soit régulier ; la mesure de la température basale du corps (il se produit un décalage thermique de 0,2 à 0,5 °C après l’ovulation) ; la méthode de la glaire cervicale qui devient abondante, transparente et fluide au moment de l’ovulation. Dans l’ensemble ces méthodes sont peu pratiques, peu précises : la fiabilité n’est que de 46 à 76 % pour la glaire et de 57 à 70 % pour la courbe de température.

Existe-t-il des méthodes plus fiables ?

Une autre possibilité est de mesurer les variations des taux hormonaux : une ascension des taux d’estrogènes marque le début de la phase fertile de la majorité des femmes. Différents systèmes permettent, en mesurant les taux d’estrogènes urinaires et de LH, de donner une information quotidienne sur la période de fécondité.

Infertilité : quand consulter ?

Pour les couples n’ayant pas d’antécédents médicaux particuliers, il apparaît justifié de consulter un spécialiste et de commencer des examens après un an de rapports réguliers sans contraception. Si la femme a plus de 35 ans, des explorations plus rapides peuvent être engagées car les chances de réussite d’une procréation artificielle diminuent progressivement avec l’âge. Une femme de moins de 35 ans doit consulter un médecin après un an de tentatives infructueuses et une femme de plus de 35 ans après six mois.

Les produits conseils

Les tests d’ovulation n’améliorent pas la fécondité, ils permettent juste de connaître la période à laquelle la femme est la plus fertile.

À qui s’adressent ces tests ?

Les tests d’ovulation annoncent l’événement. Ils s’adressent aux femmes hypofertiles qui ont des difficultés à concevoir, mais également à tous les couples désireux de maximiser leurs chances de grossesse.

Comment ça marche ?

Les tests détectent dans l’urine l’hormone LH produite par l’hypophyse tout au long du cycle menstruel et qui donne le signal à l’ovaire. Ainsi, un test positif annonce un pic ovulatoire dans les 24 à 48 heures. Les tests permettent aussi de révéler un dysfonctionnement hypophysaire, lorsque bien utilisés pendant cinq jours ou plus, ils restent négatifs. Cela signifie que la production de LH est insuffisante pour atteindre le palier de concentration requis (30 UI/l) pour que le test soit positif et que l’ovulation se déclenche. L’infertilité touche 27 % des femmes

Comment les utilise-t-on ?

La plupart des tests contiennent entre cinq et sept bâtonnets tests ou cartes réactifs destinés à détecter la LH dans l’urine.

Dans un premier temps, il est nécessaire de débuter les tests de deux à quatre jours avant la date d’ovulation supposée. Ils doivent être réalisés pendant au minimum cinq jours de suite et au même moment chaque jour. Dès qu’un test se révèle positif, il est recommandé d’avoir des rapports sexuels dès que possible (dans les 48 heures) pour maximiser les chances de conception.

Par rapport aux règles quand faut-il commencer ?

Il faut se baser sur la longueur habituelle du cycle menstruel. Il faut alors commencer 17 jours avant la date des prochaines règles. Si la patiente ne connaît pas la longueur de son cycle, il est conseillé de commencer 10 jours après le début des dernières règles. Tant que le test effectué un jour donné est négatif, on recommence le lendemain jusqu’à obtention d’un résultat positif. Une fois ce pic mis en évidence, la série de tests doit être arrêtée.

Que faire en cas de cycles irréguliers ?

Ces tests sont déconseillés en cas de cycles trop longs ou trop courts. Si la durée moyenne des cycles fluctue de plus de trois ou quatre jours, une seule boîte contenant cinq tests peut ne pas suffire, il faut alors utiliser une partie ou la totalité de la boîte suivante jusqu’à ce que le test se révèle positif.

Quelle est la fiabilité de ces tests ?

Leur fiabilité avoisine les 99 %. Les résultats peuvent être faussés si l’urine est trop diluée (il faut respecter une restriction hydrique d’environ quatre heures), ou si la femme a reçu des médicaments stimulant l’ovulation ou pouvant produire une perturbation hormonale. À la lecture, le résultat peut apparaître douteux chez la femme enceinte ou si elle l’a été récemment, ou encore si elle est ménopausée.

On m’a parlé de dispositifs électroniques plus performants.

Ces dispositifs permettent de détecter, outre l’augmentation de la LH, une augmentation du taux d’estrogènes qui correspond au début de la période de fertilité. La fenêtre de fertilité propice à la conception est ainsi allongée de quelques jours. Ce sont des appareils qui enregistrent tout au long des cycles les résultats des dosages de LH et d’estrogènes (Clearblue, Ferility Monitor, Persona…). Ils sont réalisés tous les jours dans la même plage horaire, pendant 16 à 20 jours lors du premier cycle pour déterminer la date de l’ovulation, et seulement durant 8 à 10 jours les cycles suivants.

› CHRISTINE NICOLET

Le Quotidien du Pharmacien du : 19/04/2012