Nuage radioacif (24 mars 2011)

Nuage radioactif sur la France : l’iode inutile et déconseillée

Un message de la Direction générale de la santé (DGS) relayé par l’AFSSAPS auprès des pharmaciens rappelle que depuis le 12 mars, des masses d’air faiblement contaminé qui résultent des rejets des réacteurs nucléaires accidentés de la centrale de Fukushima se déplacent, tout en se diluant, dans les courants atmosphériques de l’hémisphère nord. Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), les Antilles françaises ont été touchées en premier, le 21 mars, à des niveaux de concentration extrêmement bas, puis Saint-Pierre-et-Miquelon à partir du 22 mars. La France métropolitaine devrait être touchée à partir du 23 mars ; les niveaux de concentration les plus élevés attendus seraient de l’ordre de 1 000 à 10 000 fois moins que ce qui avait été mesuré en France le 1er mai 1986 après l’accident de Tchernobyl.

L’IRSN partage l’avis de l’Agence de l’Environnement des États-Unis, qui estime que ces concentrations seront sans conséquence sanitaire et environnementale. De plus, elles seront d’un niveau trop faible pour être détectées dans l’environnement par les 170 balises d’alerte du réseau Téléray de l’IRSN (mesures consultables sur le site internet de l’institut). Dans ce contexte, les autorités sanitaires rappellent qu’il n’y a pas lieu de prescrire ou de délivrer de l’iode ou des compléments alimentaires en contenant. La prise d’iode stable, à titre de précaution, avant le passage du panache est inutile et déconseillée.

Pour en savoir plus  rendez-vous sur le site de l’IRSN.

Distribution d’iode : comment ça se passe en France

Paris, le lundi 14 mars 2011 – Face aux accidents nucléaires survenus au Japon au lendemain du séisme de vendredi et de ses répliques, l’Ambassade de France à Tokyo a annoncé l’organisation d’une distribution préventive d’iode dans la région de la capitale.

Cette mesure compte parmi les trois actions majeures de protection des riverains des centrales nucléaires en France parallèlement aux décisions de confinement et d’évacuation (qui s’appliquent dans un rayon de 10 km et dans des cas exceptionnels de 20 km). Si ces deux dernières mesures ne s’imposent qu’en cas d’alerte grave, la distribution d’iode est pour sa part réalisée de manière préventive (et jamais en cas de risque avéré) dans le cadre de campagne régulière.

Le pharmacien : un acteur incontournable

Les pharmaciens sont au cœur de ce dispositif : une convention a d’ailleurs été signée entre EDF et l’Ordre national des pharmaciens, les syndicats d’officinaux et l’association de pharmacie rurale. Cet accord met en place les conditions de délivrance des comprimés d’iode par les pharmacies des zones concernées. Au total 400 000 foyers et 2 000 établissements recevant du public répartis sur 500 communes sont visés dans l’hexagone qui abrite 19 centrales nucléaires.

Campagnes de distribution régulières

Régulièrement, des campagnes de distribution sont donc organisées par EDF : la dernière en date a été menée en 2009. Elles concernent les personnes résidant dans un rayon de 10 km autour d’une centrale nucléaire. La première phase suppose la réception par les familles et les entreprises privées de bons de retrait. A partir de l’envoi de ce document, chacun dispose de six mois pour retirer auprès de sa pharmacie le nombre de boîtes nécessaires compte tenu du nombre de personnes que comptent son foyer ou son entreprise. Ces comprimés sont à prendre en cas d’alertes : ces dernières sont diffusées par des sirènes et des véhicules dotés de haut parleur. Lorsqu’elles retentissent, il est indispensable de se mettre à l’abri et d’écouter la radio pour disposer notamment des informations concernant la prise éventuelle de comprimés d’iode. La posologie de ces derniers (comprimés de 65 mg) est de deux comprimés à partir de douze ans, un seul entre trois et douze ans, un demi de 1 mois à 3 ans et un quart de zéro à un mois. La péremption de ces pastilles fabriquée par la Pharmacie centrale des armées est de cinq ans.

Pas d’empressement

Les Français ne répondent pas toujours aux sollicitations des pouvoirs publics et d’EDF avec un empressement marqué. Ainsi, lors de la dernière campagne de distribution, trois mois avant la fin de l’opération, en octobre 2009, seules 41 % des personnes concernées étaient venues retirer leurs comprimés en pharmacie (les particuliers se montrent cependant plus attentifs aux recommandations que les entreprises). Or, le site distribution-iode.com précise bien : « qu’aucune distribution n’est prévue au moment de l’alerte. C’est pourquoi il est essentiel d’aller retirer une boîte de comprimés d’iode stable à la pharmacie ». Il est probable qu’à la lueur des événements actuels au Japon, beaucoup de Français résidant dans des zones à risque se montreront soudainement plus soucieux de répondre à cette règle de prévention.

Aurélie Haroche (JIM)